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Comparatif de démarches de réformes scolaires dans deux pays voisins

En 2015, la Fédération Wallonie-Bruxelles a fait procéder à une analyse dont l’objectif de  est de contribuer au diagnostic du système scolaire en FWB, en particulier: « les éléments relatifs à la performance des élèves et aux problèmes d’équité, l’existence et l’évaluation des pratiques au sein du système, et les éléments relatifs au management des établissements scolaires ».

En 2015, le Luxembourg a publié pour la première fois le “Bildungsbericht Luxemburg”, un rapport descriptif de la qualité du système éducatif luxembourgeois. Sous la coordination du SCRIPT, le rapport est élaboré tous les cinq ans par un groupe d’experts désigné par le ministre. Cet état des lieux régulier est censé servir de base objective aux débats sur l’école et aux décisions de politique scolaire.

Une lecture comparée des deux rapports constate des nombreuses similitudes, mais des pistes et des démarches de rémédiations parfois divergentes.

Diagnostic de la performance

(efficacité, équité, efficience)

et de son hétérogénéité

 

Un bon accès à l’enseignement, mais une progression difficile des élèves

FWB Luxembourg
  • A l’âge de 15 ans, 48% des élèves ont redoublé au moins une fois durant leur parcours
  • ~6% des élèves en Wallonie (~9% à Bruxelles) quittent le système scolaire de façon précoce. En 6ème secondaire, 9% des élèves redoublent ou sortent du système sans diplôme
  • le redoublement est un effet récurrent du système scolaire luxembourgeois, en effet un total de 5.130 des élèves observé(e)s (56,8%) a redoublé au moins une classe.
  • En 2013, pas moins de 12,9% d’entre eux sont sortis sans aucune quali cation professionnelle à proposer sur le marché du travail

 

Une forte iniquité du système scolaire

FWB Luxembourg
  • Pour les jeunes de 15 ans, la FWB présente un niveau moyen faible, se classant 14ème sur 22 pays européens participant aux tests de l’OCDE et 6ème sur 7 pays et régions voisins
  • on observe une dynamique de choix négatifs entre filières en particulier dans le secondaire (phénomène de relégation)
  • La FWB se situe très en deçà de la moyenne de l’OCDE et de tous ses groupes de “pairs” en termes d’équité (EU, pays voisins, systèmes de taille similaire) : les résultats des élèves y sont, en moyenne, plus fortement liés avec les caractéristiques socio-économiques que dans les autres pays

  • Le taux de redoublement le plus élevé est constaté pour les élèves portugais(es) (65,9%), suivi par les élèves d’autres nationalités (55,0%) et les élèves luxembourgeois(es) (55,1%). 
  • D’une part, au niveau international, le Luxembourg se situe en-dessous de la moyenne de l’OCDE dans tous les domaines de l’étude PISAA.
  • Les élèves issu(e)s de familles socio-économiquement favorisées présentent des résultats nettement supérieurs à ceux des élèves issu(e)s de fa- milles dont le statut social se situe dans le quart inférieur de l’échelle. Les inégalités d’éducation liées à l’origine sociale se manifestent également au niveau de la continuité du parcours scolaire.

 

Conclusions issues de deux rapports

FWB Luxembourg

Les principaux défis identifiés en Wallonie-Bruxelles sont les suivants :

  1. Une nécessité de renforcer la qualité de l’enseignement :
    a. les savoirs et des compétences en progrès sont encore insuffisamment maitrisés par un trop grand nombre
    b. un taux de décrochage scolaire anormalement élevé
    c. un taux d’échec et de redoublement important
    d. un enseignement qualifiant en réforme mais encore trop souvent assimilé à une filière de relégation et pas assez en phase avec la demande de qualification dans le monde socio-professionnel
  2. Une nécessité de renforcer l’équité dans l’enseignement
  3. Des acteurs de qualité mais trop peu formés, valorisés, accompagnés et responsabilisés
  4. Un besoin de modernité et d’adaptation à la société du XXIème siècle
  5. Un besoin de meilleure gouvernance pédagogique et organisationnelle

A cet effet la FWB met en place le Pacte pour un Enseignement d’Excellence dont le but principal du Pacte n’est pas d’imposer une Xième réforme imposée d’en haut mais de lancer un processus collectif pour les années à venir et de déployer une culture de la qualité, de la responsabilité et de l’évaluation dans l’ensemble du système éducatif et auprès de chacun de ses acteurs.

    Ces constats soulignent la nécessité de continuer à adapter l’école luxembourgeoise pour amener tous ses élèves au maximum de leurs capacités personnelles, en particuliers

  • un système d’accueil de qualité pour la petite enfance (0 à 3 ans), avec l’introduction de critères de qualité, d’un contrôle de la qualité pédagogique et d’une éducation plurilingue précoce,
  • une orientation et une promotion plus transparentes et plus équitables, fondées sur des critères plus précis, des passerelles facilitées, une procédure d’orientation au lycée adaptée et une démarche d’orientation à définir par chaque lycée,
  • une offre scolaire plus diversifiée avec l’extension des filières internationales, francophones et anglophones,
  • une plus grande autonomie des écoles, leur permettant de mieux répondre aux besoins de leurs populations scolaires,
  • la mise en place de mesures de remédiation plus efficaces comme alternatives au redoublement,
  • la responsabilisation des parents et l’instauration d’un véritable partenariat entre les familles et les institutions de l’éducation formelle et informelle.